Les mauvais perdants

Avant le 6 mai, ils prévoyaient des désastres en séries en cas d’élection d’un président de gauche, tout comme certains imaginaient l’arrivée des chars russes en 1981. Après le 6 mai, rien de tout ça n’est encore arrivé, mais ils contestent tout de même le résultat et continuent à raconter n’importe quoi, faute d’arguments sérieux pour les législatives.

Il n’aura pas fallu attendre longtemps avant de voir éclater une polémique sur quatre ou cinq drapeaux pas français place de la Bastille. Il est vrai que pendant 5 ans, il était plus important de savoir si on devait oui ou non interdire les drapeaux étrangers que de se demander comment s’occuper du chômage. Mais c’est vrai que c’est important un drapeau. Il faut par exemple bien le voir sur les photos officielles, et surtout ne pas le confondre avec le drapeau des Pays-Bas. N’est-ce pas Jean-Paul Garraud ?

 Les festivals aussi sont des nids de l’anti-France

Les législatives approchant, l’UMP espère une cohabitation, pour reprendre le pouvoir un mois après l’avoir perdu. Et pour ne pas que la gauche ait « tous » les pouvoirs. Que disaient t-ils en 2007 ? Voulaient-ils aussi un peu plus de pluralité ? Ou bien avoir une large majorité à l’assemblée ? C’est amusant de voir comme la cohabitation est bonne uniquement quand elle permet à la droite de se maintenir en place.

Il y a aussi eu le cannabis. Paraît-il maintenant que si Hollande passe, on le légalisera. Ce qui est bien évidemment un énorme laxisme, tout comme Christiane Taubira qui cherche à revenir sur les lois sécuritaires (et coûteuses, et inefficaces) mises en place par la droite. Si la gauche passe, la France sera livrée aux hordes d’étrangers qui viendront voiler et violer nos femmes, et qui vendront du cannabis sans crainte de la police, d’autant plus qu’on leur aura donné un reçu en cas de contrôle, pour pouvoir continuer leurs actes de délinquance sans que la police puisse agir.


Faites entrer le laxisme !

Il y a également eu la faute aux médias. Il paraît que Nicolas Sarkozy était seul contre neuf candidats, et contre une armée de journalistes tous de gauche, comme le prétend par exemple Maryse Joissains-Masini. N’importe qui ayant allumé la télévision sur un JT pour voir abordé les thèmes préférés de la droite en gros titre le sait : quand on est ami personnel avec Martin Bouygues, Arnaud Lagardère, Serge Dassault ou Vincent Bolloré, on n’a pas trop à se plaindre des médias. Mais on le fait quand même, pour la forme. C’est toujours bon de se croire victime. Je doute tout de même que Mediapart, Marianne, L’Humanité ou même Le Petit Journal aient le même impact que Jean-Pierre Pernault ou David Pujadas.

Et puis, il y a ceux qui mélangent un peu tout ça, ajoutent quelques chiffres à la fiabilité douteuse comme par exemple le vote des musulmans (car il paraît que les musulmans devraient avoir un vote qui compte moins), ou encore des sondages sur les raisons du vote. C’est par exemple le cas d’Eric Brunet, qui, plutôt que d’avoir la défaite modeste après s’être rendu compte que Nicolas Sarkozy avait perdu, arrive à affirmer que Nicolas Sarkozy a gagné la présidentielle, rien que ça. Suivons un peu les méandres de sa logique.

Premier point, les sondages donnaient Hollande avec bien plus d’avance qu’il n’en avait réellement. On sait que les sondages se trompent souvent, mais quand ils se trompent, ça prouve que Sarkozy a gagné. Si les sondages s’étaient trompés encore plus et avaient donné, pourquoi pas, un 70/30 en faveur de Hollande, on peut être sûr que Nicolas Sarkozy aurait été réélu encore plus largement (dans le monde d’Eric Brunet).

Ensuite, le vote blanc était important, donc François Hollande a été élu avec 48,6 % seulement des suffrages exprimés. Notons la confusion dans la tête d’Eric, puisqu’il intègre les blancs dans les exprimés, contrairement au code électoral. Ne nous y trompons pas, cet appel à prendre en compte le vote blanc ne marche que dans un seul sens.

Vient alors l’argument massue, basée sur une estimation au doigt levé et au sondage près (qui était faux dans le point un, mais ne nous embarrassons pas de menus détails) : la majorité des personnes ayant voté pour François Hollande l’ont fait plus contre Nicolas Sarkozy que pour Hollande. Nicolas Sarkozy a donc gagné parce que les électeurs ne l’aiment pas. Les électeurs de Sarkozy, eux, aiment leur champion et n’ont bien sûr aucunement voté pour faire « barrage à la gauche ». Vous savez, la raison qu’invoquent tous les responsables de l’UMP depuis quelques semaines ? Et bien c’est une mauvaise raison qui invalide le vote. On devrait d’ailleurs recommander aux électeurs UMP de bien préciser sur leurs bulletins qu’ils votent bel et bien POUR leur candidat, pour qu’on puisse un peu mieux comptabiliser les bulletins de conviction. Bonne idée non ?

En quatrième et cinquième point, on retrouve la traditionnelle victimisation face aux médias, appuyé par un sondage TNS/Sofres, dans lequel « la majorité des Français a le sentiment que Nicolas Sarkozy a été victime de l’orientation politique des médias ». On pourra s’amuser à voir dans les détails que « seuls » 40% des interrogés pensent que Nicolas Sarkozy a été défavorisé, ce qui est tout de même une drôle de notion de la majorité, mais aussi, sans surprise, que ces 40% sont majoritairement proches de l’UMP. On a donc des électeurs à qui leurs gourous ont répété en boucle que les médias étaient méchants avec Nicolas, qui répondent dans un sondage que les médias ont été méchants avec Nicolas. Comme quoi, le bourrage de crâne, ça paye.

C’est vrai qu’avec des couvertures comme ça, la presse a été quand même super vache

Enfin, dernier point et pas des moindres, Nicolas Sarkozy a réussi « à rassembler les droites. Désormais le sarkozysme sera bien cette synthèse qui agrège électeurs gaullistes, électeurs de la droite nationale, libéraux, souverainistes, démocrates-chrétiens, centristes ». Il est vrai que l’UMP a parfaitement imprégné les idées du Front National, lui qui en était jusqu’ici relativement distant, mais d’un point de vue électoral, un rassemblement de « toutes les droites » dans lequel une bonne partie des électeurs FN ne va même plus se tourner vers le parti majoritaire au second tour, le faisant échouer par la même occasion, est quand même une drôle de réussite

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